Retour à la page AccueilClaude Boisset
(Provins - Seine et Marne - Ile de France)


English

Français
Accueil Contactez nous Plan du site Recherche
Accueil | Remonter
 
 
Exposition "Claude BOISSET"     1997
 
INTRODUCTION

Dans le grenier de cette « maison des quatre pignons », Claude Boisset se trouve coupé du monde extérieur. C’est dans cette retraite au ras des toits que le dernier des peintres d’icônes sur bois a réinventé les vieilles recettes des artistes du Moyen Age.

Penché sur un morceau de bois vermoulu, il va réaliser en quinze jours ce que le temps n’aura  réussi à faire qu’au bout de plusieurs siècles.

« Je ne suis plus qu’une main », dit-il avec beaucoup de modestie. Mais cette main a su retrouver tous les secrets et tout l’amour de ces artistes du Moyen Age que des siècles n’auront su nous faire oublier.

4_pignons.bmp (210014 octets)

 
Comment l’idée de peindre sur bois vint à Claude Boisset?

Par un étrange « coup de foudre » !

La scène se passait en 1960, rue des Saints-Pères, dans le Quartier Saint-Germain-des-Près. Passant devant la boutique d’un antiquaire, il fut étonnamment frappé par l’expression d’une peinture sur bois du Moyen Age. Hors de prix. Inabordable. Cette étrange rencontre d’un artiste et d’un sourire vieux de quelques siècles, venait de provoquer un coup de foudre inattendu, et être à l’origine de cette étonnante vocation.

Claude Boisset voulait être le plus fidèle possible à sa «révélation». Il a recherché, redécouvert les techniques anciennes, les vieux procédés de l’enduit au fromage  et de la peinture  à l’œuf. Tout cela avait été oublié à jamais, au profit de techniques plus modernes comme la peinture à l’huile et aux essences, en même temps que l’on abandonnait le bois pour adopter la toile.

Boisset02.jpg (236996 octets)

 
Chaque « bois » est une pièce unique. Jamais il ne refait exactement le même sujet. Il se refuse catégoriquement  à  « faire de  la série ». Il existe au plus cinq pièces d’un même sujet.

Il habille ses personnages à sa guise, leur donne l’attitude qui lui plaît, mais toujours dans les plus pures traditions de l’époque. Jamais une fausse note, même dans les couleurs qu’il est allé cueillir sur les tableaux des musées.

 

 

 

 
Technique de la peinture

La pièce de bois reçoit un enduit préparatoire, appelé « fromage », à base de fromage blanc ou de lait caillé et de chaux. Trois couches passées à trois jours d’intervalle donneront au bois une surface dure et lisse, que l’artiste devra polir avec une poignée de presles, ces plantes que l’on trouve au milieu des champs, et que l’on utilise encore en orfèvrerie.

Claude Boisset va entamer alors la partie purement artistique. Avec une gouache, un peu de cire blanche, et un œuf battu, il va « tourner sa mayonnaise » - et c’est là sa propre expression - pour obtenir ses teintes si vives et si pures.
Le pinceau, le crayon se croisent, les couleurs se rencontrent, se fondent, les formes s’arrondissent, les visages se mettent à sourire avant de se craqueler, et de vieillir pour mieux séduire. Puis ce sera une couche de vernis.« Jusque là , je n’ai rien inventé, dit Claude Boisset, je  n’ai fait que réemployer les vieilles techniques oubliées ».

Il reste encore trois couches à passer au cours de la dernière phase  du vieillissement qui durera huit jours.

Mais cette recette, il ne la livrera pas...
C’est son secret...

boisset00.jpg (252636 octets)

Boisset040.jpg (177999 octets)

 
Le Moyen Age, c’est à travers cette période de l’histoire que Claude Boisset puise son inspiration.

Aussi pour se replonger totalement dans l’univers des peintres sur bois du Moyen Age, il utilise au maximum les procédés artistiques employés par les hommes du passé.
Le matériau de base est le bois , puis vient l’utilisation des enduits.

 
Puis vient l’étape artistique.

Celle du dessin s’inspire d’enluminures, de vitraux et de sculptures réalisés à la « haute époque ».

Claude Boisset attache la plus grande importance à la préparation de sa peinture. Celle-ci, suivant la tradition  moyenâgeuse, se compose d’eau et d’œuf, plus couramment appelée « la détrempe à l’œuf ». Ce type de préparation a l’avantage  de garder les couleurs fraîches très longtemps, contrairement à la peinture à l’huile.
L’artiste utilise simplement des colorants naturels, tout comme  ses prédécesseurs. Par exemple, pour obtenir du rouge, du minerai de mercure ou encore des insectes desséchés ( comme les kharmes, d’où le nom de rouge carmin). Le bleu lui, est obtenu avec le lapis-lazuli.
 Claude Boisset s’est tourné aussi vers l’art populaire. Une peinture sur bois en prise directe avec la région, les racines de la Brie, d’où des représentations de gerbes de blé, de fleurs, de jeux paysans, ou encore de vignerons. Une initiative intéressante car  elle prouve  la résurrection d’un art qui ne peut tomber dans l’oubli.

 

Un homme soucieux de la communauté.

Claude Boisset s’est beaucoup tourné vers le passé artistique de sa région. C’est peut-être une des raisons qui justifiait sa participation, en tant que membre actif, à la Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Provins. Il a été le principal artisan de l’installation du Musée de la Grange aux Dîmes qui présentait, durant de nombreuses années, l’exposition «Trésors méconnus du Provinois ».

Mais Claude Boisset était un homme dynamique, en prise avec son temps. Il participa à la grande aventure des premiers Festivals de Provins, et créa, avec Jean Lamorlette, les décors de : Barrabas, Othello, La petite Catherine de Heilbronn.
Auparavant, il avait fait partie de la troupe théâtrale du Caméléon et dessiné des décors pour les fêtes populaires des années 50 (Djelma la Sarrazine).

 
Sa vie locale

Claude Boisset concrétisa une étude approfondie sur l’histoire et la vie économique locale des potiers, tuiliers et briquetiers de la région de Provins par la publication de deux fascicules intitulés : « La céramique dans le Provinois », 1972, Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Provins.

Claude Boisset participa activement à l’élaboration du livre : «Mineur en Argile», 1987, Commune Libre de la Ville Haute.

Claude Boisset fut un membre actif de la Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Provins ; il fut avec Georges Goetz le promoteur du renouveau du Musée de la Grange aux Dîmes et l’un des artisans de l’exposition  « Trésors méconnus du Provinois », ouverte le 10 mai 1964, dont le catalogue fait encore autorité .

Claude Boisset fut, avec Jacques Forgeas, un conseiller efficace et disponible au service de la jeune équipe de la Section Archéologie de la Maison des Jeunes et de la Culture, vers 1965.

Après avoir été sculptée par François Galoyer, la statue de la Confrérie des Vignerons de Saint Paul fut peinte par Claude Boisset . Chaque année, cette statue est remise à un nouveau «Confrère en Charge».

Claude Boisset nous a quittés, brutalement, le 29 Mai 1994.
Il était né le 3 Mars 1925. Arrivé à Provins à l’âge de quatre ans, il demeura tout d’abord en ville basse. Il fut élève du Collège de Provins.

Dès son jeune âge, il fut attiré par les métiers d’art et décida d’apprendre le métier de potier. Initié par le « père » Debakre et le « père » Cornet à la Poterie de la Rampe Saint-Syllas, il termina son apprentissage dans un des hauts lieux de la poterie : Saint-Amand-en-Puisaye où il fut élève et assistant de Pierre Lion.

Revenu à Provins, il travailla à la création de pièces de céramique, de 1945 à 1960.

Claude Boisset, vers 1960, découvre les techniques de la peinture sur bois, dans le grenier-atelier de la Maison des Quatre Pignons. Ceci après avoir admiré une icône dans la vitrine d’un antiquaire parisien.

Il peint d’abord des sujets religieux, puis s’inspire d’enluminures et de peintures médiévales. Chaque œuvre était souvent unique ou recréée en deux ou trois exemplaires seulement.

La simplification du dessin, la fraîcheur des couleurs, la légèreté du vernis font de ses pièces des oeuvres d’art.
 

 
Claude Boisset s’intéressa aux traditions briardes.

Il collecta diverses coutumes et parlers de la région provinoise et les communiqua à Roger Lecotté, alors président de la Fédération Folklorique d’Ile de France.

Claude Boisset trouva dans ce folklore une nouvelle inspiration d’art populaire.

Parallèlement à son activité professionnelle, Claude Boisset s’impliqua dans le monde associatif :

bulletSociété d’Histoire et d’Archéologie  de l’Arrondissement de Provins
bullet Groupe de Recherche Archéologique Provinois
bullet Syndicat d’Initiative et Festival de Provins
bullet Commune Libre de la Ville Haute
bullet Maison des Jeunes et de la Culture
bullet Cercle de Recherches et d’Etudes du Provins Souterrain
 
 Claude Boisset était un homme discret, un artiste sensible, un érudit modeste, attaché à la terre de Provins et il sera pour nous toujours là, quelque part, devant une porte ou sur un banc, place du Châtel.
 

 

 

 

Accueil | Remonter


www.provins.org Copyright © 1999-2007 Commune Libre de la Ville-Haute
Dernière modification : 09 August 2007