Retour à la page AccueilLes Templiers à Provins
(Provins - Seine et Marne - Ile de France)


English

Français
Accueil Contactez nous Plan du site Recherche
Accueil | Remonter
 
Les Templiers à Provins

L'ordre du Temple fut fondé vers 1119 par deux chevaliers dont un, Hugues de Payns était Champenois. Ils avaient deux objectifs: combattre l'infidèle et protéger les pélerins de Palestine sur les chemins qui menaient au Saint Sépulcre. La Champagne favorisa largement l'établissement des pauvres Chevaliers du Temple, en Occident.
Les premières propriétés de l'Ordre furent fondées par les évêques champenois, soutenus financièrement par les nobles de la province, en la Chatellenie de Sézanne et en la Baillie de Provins.
La rédaction du texte de la règle de l'Ordre du Temple fut confiée à Saint Bernard, abbé de Clairvaux. Le sceau du Temple représente deux cavaliers sur un cheval : l'interprétation courante est le symbole de la pauvreté de l'Ordre (un cheval pour deux) et de l'union spirituelle de ses deux premiers membres ( Hugues de Payns et Godefroi de Saint Omer). 

Seigneurs, bourgeois, roturiers, vilains vinrent, parfois malgré leur manque de préparation militaire, s'offrir à l'idéal religieux de l'Ordre du Temple. On décida alors que certains exploiteraient les propriétés de l'Ordre pendant que les autres serviraient les Chevaliers à la guerre.
Après 7 ou 8 ans, les biens de l'Ordre du Temple s'étendirent prodigieusement : les donations reçues de l'aristocratie et de l'épiscopat n'étaient pas des terres incultes, mais des chateaux, des fiefs, des bourgades avec leurs dépendances ainsi que les personnes qui y travaillaient, puis des dîmes furent cédées.

Provins, ville opulente et populeuse, résidence favorite des Comtes de Champagne attira les Templiers : à la fin du XII° siècle, l'Ordre du Temple avait deux maisons à Provins, le Val de Provins appelé plus tard l'Hôpital à Fontaine-Riante et la Madeleine, située en Ville-haute prés de la Porte de Jouy.
La commanderie du Val était située dans un parc de verdure agrémenté de sources vives, au pied du coteau de Fontaine-Riante. Une habitation principale construite en pierre cotoyait des bâtiments qui servaient de halles ou entrepôts. On y bâtit une chapelle, contigüe au cimetière, placée sous l'invocation de Saint Jean. Se succédaient des cours intérieures, des jardins, des sources qui alimentaient une fontaine aujourd'hui appelée Fontaine des Templiers et une terre labourable.
On ignore à quelle date la Madeleine fut fondée. C'était à l'origine une maison fortifiée. Deux belles salles voûtées ogivales y subsistent, ainsi que la tourelle d'angle construite vraisemblablement à la même époque que les fortifications proches (XII° - XIII° siècles). Les bestiaux ainsi que les laines se vendant à proximité, dans le Cours aux bêtes, on avait établi dans cette maison située dans le bourg neuf, le poids des laines pour la Ville-haute. 
Moins ancienne que les précédentes, la Maison du Temple devant l' église Sainte Croix a une histoire encore plus obscure. Sa donation à l'Ordre date de 1193, en 1300, on l'appelle " le Temple " sans précision. On y avait installé un bureau de pesage des laines en Ville-basse. Ces trois Maisons établissaient solidement l'Ordre à Provins. Jusqu'en 1225, les donations affluèrent puis se ralentirent.
Les pauvres Chevaliers du Christ devinrent un Ordre puissant et estimé, mais riche et jalousé.Thibault le Chansonnier contesta la légitimité de certaines de leurs possessions en Champagne et en Brie. 
En 1228, ce Comte fit saisir les biens en cause. Les Templiers résistèrent en soumettant l'affaire au Saint-siège qui arbitra le différend au profit de Thibault : les Chevaliers devront obtenir son consentement pour valider chaque nouvelle acquisition. Cet accord ne fut suivi d'aucun effet, la reine régente cloturera cette affaire en 1255.
La Commanderie de Provins ainsi désignée en 1205, était constituée des couvents du Val et de la Madeleine. L'administration en fut réduite à l'indispensable, seul un Commandeur appelé " Maître " gérait l'intégralité du domaine et des finances. Les religieux placés sous ses ordres étaient peu nombreux. Les documents mentionnent un aumonier ou infirmier, un maréchal, un receveur du tonlieu de la ville, un économe qui avait la garde des clefs et assurait la surveillance du personnel domestique ainsi qu'un frère employé à la vente des vins (ce fut apparament leur spécialité commerciale). Ces religieux ne pouvaient porter les robes et les manteaux blancs réservés aux frères combattant, mais leur costume était d'étoffe noire ou brune.

Le patrimoine des Templiers de Provins était très divers : terres, maisons, bois, serfs, dîmes, moulins, rentes, droits et franchises. Le domaine de la Commanderie se composait de terres au nord et au sud de Provins, champs cultivés, vignes, près: sur la paroisse de Savigny, à Gimbrois, au Plessis-poil-de-chien, à Saint Martin des Champs, à Rouilly, à Fleigny, à Saint Brice, au Clos Platel, à Poigny, à Hennepont, à Soudun, à Léchelle, à Villegruis, Melz sur Seine, ainsi que de bois pour le chauffage et la batisse dans les forêts de Jouy le Châtel et Soudun.
A Provins, elle était propriétaire : rue Courloison, rue de Jouy, dans le cours aux chevaux, rue Sainte Croix, près du Palais des Comtes, à Fontaine-Riante, aux Grès, rue des Marais, porte de la Chaussée Sainte Croix, près du Moulin Moucine, devant les anciens étaux des bouchers, près du Buat, à la Gatelerie, rue de Changy, Grand'rue de Provins, rue des Buzançois, en face du Four des Raines, rue aux Aulx, rue de la Bretonnerie, ces habitations étaient souvent entourées de vergers et de prairies. Lors des dernières années de l'Ordre, le Censier de la Commanderie mentionne plus de 70 maisons. 
Les plus importantes étaient le Temple en face le portail de l'église SainteCroix et la Vicomté sur la Grand'rue à l'encoingnure de la rue du Moulin de la ruelle.

En Octobre 1307, sur ordre royal de Philippe le Bel envoyé secrètement aux baillis, tous les Templiers de France furent arrêtés presque le même jour. Très peu réussirent à fuir.
Les religieux arrêtés à Provins furent emmenés au Château de Melun où l'on rassembla tous les Templiers de la région. Après leur arrestation, les prisonniers subirent un interrogatoire où ils découvrirent qu'ils étaient accusés de reniement du Christ, crachats sur la Croix, baisers obscènes, sodomie et adoration d'une idole.On tortura, ils avouèrent…De nombreux frères succombèrent à leurs blessures, le mensonge apportant la vie sauve. Ils furent ensuite transférés au Temple de Paris et interrogés en Novembre.
Le pape Clément V indigné par cette inquisition fit mener une enquête complémentaire. Un ample mouvement de rétractation déferla. Clément V décida d'entendre personnellement quelques témoins dociles choisis par le roi, parmi eux un Provinois : Simon Chrétien qui eut certainement la vie sauve.
Malgré cela le procès et les tortures reprirent en Juillet 1308, mais les individus et l'Ordre durent être jugés distinctement.


La tour du Temple de Paris


  Plusieurs des Templiers provinois interrogés séparément en Février 1310, déclarèrent vouloir venger l'Ordre du Temple de la calomnie. Ils furent au Jardin de l'évèché de Paris parmi les 546 Templiers qui offrirent de constituer une défense à l'Ordre : depuis leur arrestation, tous les frères étaient privés de sacrements, dépossédés de l'habit religieux et de leurs biens et mettent à jour l'immoralité des moyens employés pour obtenir des aveux.
Sous l'influence du roi, un concile provincial fut convoqué à Paris. Il décida que toute rétractation serait considérée comme un cas plus grave que la protestation d'innocence et conduirait à la peine du feu. En Mai, le concile condamna au bûcher 54 Templiers s'étant rétractés. La plupart des frères qui s'étaient offerts à plaider la cause de l'Ordre abandonnèrent. La défense anéantie, un rapport défavorable aux Templiers fut tranmis au Concile de Vienne. Celui-ci refusa de condamner un Ordre dont il n'avait pas entendu la défense. Calomnié, cet ordre religieux ne pouvait plus, désormais, servir la cause de l'Eglise sans scandale.
Le Pape le supprima alors de sa propre autorité, conciliant les droits de la justice qui ne cédait pas et les exigences de Philippe le Bel, en 1312. La majorité des biens fut attribuée l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem et non au roi de France, comme celui-ci l'aurait souhaité. Aucun document ne renseigne sur le sort subit par les derniers Templiers provinois.

D'après :Histoire et cartulaire des templiers de Provins / Victor Carrière.- Marseille : Laffite reprints, 1978.

 

 

Accueil | Remonter


www.provins.org Copyright © 1999-2007 Commune Libre de la Ville-Haute
Dernière modification : 09 August 2007