L’église
Sainte Croix |
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L’architecture de l’édifice prouve qu’il était déjà bâti dans
la première moitié du XII° siècle, cependant les premiers actes écrits
portent la date de 1154.
Cette charte atteste que la Chapelle des Ponts (peut-être dédiée à
Saint Laurent) faisait partie des biens du monastère Saint Ayoul. Bâtie
entre 2 ruisseaux : les Auges et la Vicomté, sur un terrain
inondable, cette Chapelle des Ponts prit dès le XII° siècle, le titre
de Sainte Croix, vocable probablement attribué lors de l’arrivée
d’une relique envoyée d’ Orient par un Comte de Champagne (Henri I
ou Henri II).
A la fin du XII° siècle, cette église, déjà paroisse, était
desservie par un chapelain qui recevait ses subsistances de Saint
Ayoul,
monastère habilité à percevoir la dîme.
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C’est
seulement à partir du XIII° siècle que Sainte Croix acquiert
l’appelation de prieuré, dépendant de Saint Ayoul, donc de
Montier-la-Celle.
L’occupation par des
moines réunis en communauté fut restreinte et de courte durée. Une
« maison des moines » s’élevait à proximité de Sainte
Croix, ainsi qu’un « petit cimetière », réservé aux
religieux du coté Nord, les paroissiens se faisant enterrer du coté
Sud.
Ce prieuré avait cessé d’exister en 1370.
En 1476, la paroisse Sainte Croix était servie seulement par un prieur
et un religieux. Dès le XIII° siècle Sainte Croix fut érigée en
paroisse sous Thibault IV, vers 1234, lors de cet avènement, la nef fut
reconstruite. Ces deux évènements furent certainement provoqués par
la croissance de la Ville-basse : c’est à cette époque que les
artisans drapiers, tisserands, foulons, teinturiers se groupent dans le
quartier bordé par le Durteint. Cependant, rien n’atteste que l’église
est exigüe, elle possédait déjà un transept surmonté d’une tour
qui existent encore.
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Le développement de cette paroisse augmenta considérablement ses
revenus et jusqu’à la Révolution des différends persistèrent entre
le prieur et le curé de la paroisse condamné à plusieurs reprises par
les tribunaux à verser la moitié des bénéfices et profits de la cure
au prieur n’ayant plus aucune raison de rester.
Malgré les guerres, disettes, l’hérésie croissante, un incendie en
1509, de terribles inondations en 1511 où l’eau monta au dessus du maître-autel,
on éprouva le besoin d’agrandir cette église.
On refit le collatéral Nord et sa surface fut doublée comme à Saint
Ayoul : une masure et un jardin sont achetés et démolis, une
partie du cloître et de la maison du prieur furent détruits pour
donner de l’espace et de la clarté à l’église.
On a travaillé de 1510 à 1581, refaisant le chœur, les chapelles
collatérales ainsi qu’un double déambulatoire et des vitraux, mais
alors qu’une voûte d’ogives était prévue, on couvre d’un simple
berceau de bois qui sera orné de peintures.
Cette église étant intallée sur un terrain inondable donc instable,
il est possible qu’un tel
berceau fut monté dès le XIII° siècle sur des murs incapables de résister
aux poussées d’une voûte: il n’existe à aucune époque mention de
croisée d’ogives.
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De
très fréquentes innondations obligèrent à surélever le pavement, en
1635. Les réfections
successives du niveau du sol ont enterré les piles de la nef de près
d’un mètre.
En 1718, opération délicate, les arcades de la croisée du transept
sont surhaussées pour dégager la vue du chœur, l’année suivante, 3
couches de chaux vive blanchissent le chœur puis l’église entière.
Un nouvel autel est commandé, le carrelage refait, les balustrades de
bois qui séparaient le chœur de la croisée sont remplacées par des
grilles de fer.
Un porche bâti devant la façade en 1635, fut démoli en 1769. Encore
à cette époque, le ruisseau de La Vicomté passait à découvert
devant la grande porte, il fut bordé d’un mur en 1719, lorsqu’on
arracha les 2 ormes plantés sur le bord. |

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La
Révolution ne mutila pas trop cet édifice mais le réutilisa : la
nef devint fabrique de salpêtre, le chœur se transforma en Temple décadaire.
On y vénérait La Raison sous la forme d’une statue de bois de Sainte
Marguerite, extraite du couvent des Cordeliers. Passée au rang de
simple oratoire en 1791, l’église Sainte Croix retrouva son titre de
paroisse grâce à la demande du Conseil municipal de thermidor an 12
qui aspirait au rétablissement de ses trois paroisses : Saint
Quiriace en Ville-haute et Saint Ayoul et Sainte Croix en Ville-basse.
Ne suivront que quelques restaurations : en 1836, la voûte de la
croisée du transept s’écroule ; en 1855, on refait la flèche
du clocher ; en 1886-87, on installe une voûte en carreaux de plâtre
au dessus de la nef, du transept, puis du chœur.
En façade, le portail central est daté de la fin du XVI° siècle, une
vaste fenêtre est ouverte au dessus, le portail Nord est de style
gothique flamboyant, incluant 2 portraits de style Renaissance.
D'après: Provins: les monuments
religieux / Marquise de Maillé; Chartres: Jacques Laget: Librairie des
arts et métiers, 1975.
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